Au moment où son premier single « Wake up » a commencé à inonder les ondes radiophoniques, nombreux ont été ceux qui ont cru entendre un titre de Mika (qui devrait, au passage, bientôt sortir une nouvelle galette). Et à la vue du clip qui allait avec, ce parallèle semblait plus qu’inévitable : même look, style musical et grains de voix très proches. Il faut bien avouer, le premier sentiment qui prédomine à la découverte de Sliimy c’est de retrouver la version française dudit chanteur qui a enchaîné les tubes en 2007. Pourtant, l’univers de l’artiste stéphanois est bien plus riche en couleurs que pourrait l’être celui d’un simple sosie, comme certains voudraient le faire passer. Tignasse frisée, noeud papillon et costumes flashy, Sliimy n’aime pas passer inaperçu. Preuve que le jeune homme sait affirmer ses goûts, il revendique haut et fort son homosexualité dans ses morceaux ou lors d’interviews. Parler d’anorexie ? Aucun problème pour lui. Pousser les gens à vivre avec « fun » ? Non plus. Bref, un garçon bien dans sa tête et dans son corps, dont certains diront sans doute qu’il est un peu trop en avance sur son temps…
Quand bien même, le jeune artiste n’est pas pour autant immature dans son écriture. Du haut de ses vingt ans, il délivre des textes empreints d’une sensibilité certaine. Deux notamment retiennent l’attention et touchent à vif. Le premier, « Mum », est dédié à sa mère qui s’est suicidée lorsqu’il avait sept ans. Le second, « See U again », jouant aussi sur la mélodie, se savoure les yeux fermés : la voix de Sliimy, véritable caresse pour les oreilles, transporte son auditoire sur un air de piano tendrement jazzy. Et dire qu’il y a encore quelques mois, l’artiste postait ses compostions sur son blog, tout en passant son baccalauréat ! Celui qui a commencé à faire parler de lui en reprenant dans ses démos Britney Spears (« Womanizer ») ou encore Lilly Allen (« LDN »), a aujourd’hui parcouru pas mal de chemin. Nul doute que ses douceurs folk et ses bombes pop à découvrir sur son premier album Paint your face (Warner, 2009), vont allumer - et sans économie d’énergie - toutes les salles de concerts qu’il trouvera sur son passage...
Fabien Pomiès
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