Tout débute dans les années 80 lorsqu’un adjoint au maire crée un cycle jazz sobrement intitulé l’automne culturel à Tourcoing. « C’était assez pointu, on invitait des gens comme Dizzy Gillespie », se souvient Patrick Dréhan. Sentant l’intérêt croissant du public, la mairie décide alors de mettre sur pied un véritable festival de jazz* avec l’aide de Dominique Desmons, l’actuel directeur de Jazz en Nord. Lorsque nos hôtes prennent le relais en 1998, ils revisitent la formule : « À l’époque, les concerts s’étalaient sur deux mois, nous nous sommes recentrés sur les codes d’un festival en ne dépassant pas 7 jours », explique Yann Subts. Ils veillent également à ne pas véhiculer une image élitiste, comme le souligne Patrick : « Le jazz est une musique populaire, il doit le rester. Nous voulions éviter toute surenchère expérimentale qui pouvait le tuer ».
Dépasser les limites
La programmation se veut qualitative et populaire. Cette année encore, côté jazz, l’offre est remarquable et justement dosée. Les légendaires Herbie Hancock et Roy Haynes partagent une affiche avec des coups de coeur comme Avishaï Cohen trio ou la découverte locale Jérémie Ternoy. En associant le mot « Planètes » à l’intitulé du festival, l’organisation a délibérément choisi de jouer l’ouverture, tout en gardant une identité locale… Symboles de ce métissage, la présence de Seun Kuti, digne fils du grand Fela ou encore de Nneka. «Cette jeune artiste nigériane est porteuse d’un message fort », justifie Patrick, « la musique est le reflet du temps et Nneka en est une traduction très neuve » (voir notre interview p.18). Matthew Herbert et Bugge Wesseltoft apportent quant à eux une touche d'électro contemporaine, tandis que les 50 ans de la Bossa Nova célèbrent les tons chauds d'un style musical que le saxophoniste Stan Getz a popularisé.
Quel avenir pour le jazz ?
On l’aura compris, ce festival bouscule allègrement les barrières. Est-ce par choix ou par nécessité ? Ou est-ce pour nous rappeler que depuis toujours, le jazz se renouvelle dans les marges ? Pour Patrick et Yann, il s'agit surtout de ne pas rester entre initiés, de provoquer la rencontre. Et le jazz, à leurs yeux, s'y prête particulièrement bien : « Cette musique s'apprécie aavant tout en salle. La magie naît de la rencontre entre les musiciens dans les improvisations, mais aussi avec le public ». C'est le propre d'un festival de créer la surprise, de prendre des risques artistiques pour parvenir à cette alchimie. Si le jazz rime avec live, des lieux de résidence, des espaces dédiés à cette culture sont indispensables. Pour nos deux passionnés, « sans des porteurs de projets audacieux, le jazz risque de disparaître ». Ils cherchent donc à réunir autour d'eux tous les acteurs locaux, et sensibilisent les plus jeunes par des actions pédagogiques, des chorales ou des symphonies. En tout cas, malgré un contexte politique défavorable, un désengagement financier de la part de l'État, l'équipe du festival n'est pas près de baisser les bras.
Audrey Chauveau












| 05/01/09 | Présentation du groupe tingo talango |
| 04/01/09 | Y.O.S |
| 31/12/08 | un super groupe ! |
| 29/12/08 | programmation |
| 26/12/08 | clarinettiste |
| 12/12/08 | OUIN |
| 09/12/08 | Winter Rock : pas très frais |
| 06/12/08 | The Australian Pink Floyd |
| 02/12/08 | Radio Soulwaxmas : que du bon |
| 28/11/08 | festival avec elmer food beat |
| 27/11/08 | hello |
| 18/11/08 | interview Cardini |
| 15/11/08 | SOS |
| 11/11/08 | Concert de Beans |
| 09/11/08 | concert |