dEUS : Retour en Force
Vingt minutes. Pas une de plus ! Voilà le temps qui nous est accordé pour discuter avec Tom Barman de Vantage Point, le dernier opus qu'il a réalisé avec son groupe dEUS. Rassurez-vous, malgré ces limites imposées par le service promo, le leader du plus célèbre rock band de Belgique est resté particulièrement ouvert et affable. Top chrono, c'est parti...
> Comment définiriez-vous cet album ?
Il est beaucoup plus extraverti et "rentre dedans" que le précédent. C’est un album intense et énergique que l’on a composé en pensant aux concerts.
> Quelles ont été vos sources d'inspiration ?
Pendant l'écriture de Vantage Point, j'ai appris à traiter de sujets universels, moins égocentriques. C'est nouveau pour moi ! Par exemple, dans Slow j’invente un personnage de toutes pièces. Avec The Vanishing of Maria Schneider, j'évoque l’idée romantique de la beauté éternelle.
> Dans quel état d'esprit avez-vous composé Vantage Point ?
Notre précédent album, Pocket Revolution, a été réalisé alors qu'il y avait beaucoup de problèmes au sein du groupe. Heureusement, la tournée qui a suivi nous a remis sur la bonne voie. Elle nous a permis d'écrire Vantage Point dans une atmosphère plus détendue et de nous concentrer sur la musique.
> Pour une fois, la formation n’a pas changé entre deux disques. Cela a-t-il influencé votre travail ?
Chacun d'entre nous a son énergie et sa façon de jouer. C'est quelque chose que nous avons découvert sur scène. Aujourd'hui, on peut dire que dEUS a trouvé le son qui lui est propre.
> Dans quelles conditions techniques avez-vous enregistré ce nouvel opus ?
Nous l'avons enregistré dans nos nouveaux studios dans les conditions du live. Nous avons essayé de retrouver l'énergie de la scène en jouant tous ensemble, sans rechercher la justesse absolue. Beaucoup de groupes actuels sonnent comme des machines. Je n’ai rien contre, mais j’aime que notre musique vive.
> Pourquoi avez-vous donné le nom de votre studio à l’album ?
C'est l'inverse. On a donné le nom de l’album au studio. En français, "Vantage Point" peut signifier "le point stratégique". C'est le point de départ, celui à partir duquel on opère.
> Pourquoi avez-vous sollicité la collaboration d'autres artistes sur certains titres ?
Nous sommes toujours partis du principe que ce qu'on ne sait pas faire nous-mêmes peut être réalisé par d'autres. Pour The Vanishing of Maria Schneider, je trouvais que ma voix seule n’était pas assez puissante. Aussi, j’ai appelé Guy Garvey du groupe Elbow car j’étais convaincu qu'il avait la voix idéale pour ce morceau. ça s'est passé de la même manière avec Karin Dreijer Andersson du groupe The Knife pour Slow.
> À l'écoute de votre album, on a justement le sentiment que vous avez accordé une grande importance aux voix...
J’ai découvert que les trois nouveaux membres du groupe – Stephane, Mauro, et Alan – avaient chacun un timbre de voix spécifique. La voix de Mauro, même si elle ne s'accorde pas très bien avec la mienne, est une vraie voix de "frontman" (ndlr, qui se place au-devant des autres). On peut l'entendre dans Architect et Oh Your God. Steph, lui, est un génie de l’harmonie. Et puis, pour la première fois, nous avons chanté tous ensemble sur des morceaux comme Slow ou Architect. Ca donne une énergie nouvelle en concert.
> Considérez-vous qu'il y ait un son propre aux groupes belges ?
Je pense que l'éclectisme de cette scène est très belge. La Belgique abrite beaucoup de groupes d'envergure internationale. C'est un petit pays très ouvert. Dans les années 90, tout se passait aux USA et en Angleterre. Il y avait d'énormes préjugés vis-à -vis de la Belgique, ce qui me vexait à l’époque. Aujourd’hui, je suis fier d’être associé à cette scène, même si parler d’une scène belge est une idée romantique qui n'existe qu'à l’étranger.
> Pourquoi effectuez-vous une mini-tournée en Belgique avant d'entamer votre tournée internationale ?
Cette tournée aura lieu dans des salles plus petites que d’habitude. Nous avons choisi de nous produire d’abord en dehors des grandes villes. Cela nous permet de revenir où l'on a commencé, mais tout de même dans d'autres décors. Et puis ça fait longtemps que l’on n’a pas joué chez nous devant un public de 600 personnes !
Propos recueillis par Céline Debette
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19 juillet 2008
L'artiste associé
dEUS