Les Déferlantes : Grosse lame de son
Des grands festivals du littoral, on croyait la table définitivement dressée. Mais telle une bourrasque catalane, Les Déferlantes d’Argelès ont surgi à l’été 2007 et tout emporté. Une vague de sons bigarrés et de fiesta trépidante qui ne demande qu’à rafraîchir à nouveau la côte.
Surprise dans l’été 2007, le voluptueux Parc de Valmy se pare de 13 000 tifosis surchauffés à blanc par un Cali en maître de cérémonie. En combinant les ambiances festives de la féria aux artistes de la scène nationale (Sanseverino, Luke, Tété…), les activistes de la Frontera réussirent leur pari de créer un événement populaire de qualité. Attendus au coin du bois, les programmateurs, en balayant un spectre musical élargi, évitent le syndrome de la 2ème édition moribonde. Car si la chanson française est toujours présente (Thiéfaine, Arno…), le rock (Dionysos, Kill The Young …,) la world (Goran Bregovic…) et le hip hop (Peuple de l’Herbe, Hocus Pocus) se taillent la part du lion.
Têtes de séries. Deux artistes seront à guetter particulièrement : Keziah Jones est assurément un prince du groove. Moins médiatisé qu’un Ben Harper, l’inventeur du bluefunk (mélange de blues et de funk) brille tout autant au panthéon du rythm’n’blues et ses tubes sensuels hantent toujours les playlists des soirées torrides. Il nous revient après un retour aux origines nigérianes, à la source de l’Afrobeat. Pete Doherty, toujours aussi borderline, est la proie des tabloïds anglais. On en oublierait presque que c’est un songwriter de première force et le concert des Babyshambles, qui passent les Smiths et les Clash à la moulinette de leur rock mutant, fera l’attraction d’un finish épatant.
Julien Provent
18 juin 2008
Le festival associé
Les Déferlantes