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Hip-hop à contre-courant


Beat Assailant


Beat Assailant, c’est un rappeur pas comme les autres. Hors des cadres et des clichés, cet américain, qui a fait de la France son terrain de jeu musical favori, est avenant et disponible. Talentueux et audacieux, il apporte sa pierre à l’édifice avec un second album, Imperial Pressure. Interview en direct des States, en français dans le texte, s’il vous plaît…
> Le public français a adopté ton premier album, Hard Twelve, après t’avoir découvert sur une compil’ Nova, en 2005. Plutôt surpris ou tu t’attendais à l’adhésion ?
Un peu les deux. J’ai fait cet album en France. À l’époque, je vivais entre Paris et les USA. Hard Twelve a été conçu avec la « french touch », le groupe de musiciens qui m’accompagne est français. Je comprends qu’il ait plu.

> Ta vraie carrière a donc démarré à Paris ?
Oui et non. Un premier single était sorti aux USA, avec un succès raisonnable. Je suis venu pour des vacances à Paris, et j’ai beaucoup aimé. Finalement, je suis resté. Je n’avais pas tellement de connexions dans le monde de la musique en arrivant, mais je passais mon temps à sortir. J’ai rencontré des gens. Le monde de la musique est petit ! J’ai d’abord croisé Max (ndlr : Max Lebidois aka Danny Wild, producteur). J’ai signé avec lui, et on m’a présenté des musiciens. Depuis, c’est toujours la même équipe, ce sont les mêmes musiciens qui m’entourent depuis 3 ans, sur les deux albums et sur scène.

> Finalement, Beat Assailant, c’est un artiste ou un groupe ?
Les deux ! Beat Assailant, c’est mon nom d’artiste, mon surnom depuis mes 14 ans. Et en même temps, je ne tourne qu’avec mon « band ». Sur le second album, ils sont présents sur tous les morceaux. Sans eux, il n’y aurait pas tout ça.

> Et la touche jazzy, qui rend ton hip-hop si différent, ça vient de toi ou des musiciens ?
C’est encore les deux ! J’aime la musique, j’écoute beaucoup de choses et le jazz fait partie de mes influences. Mais c’est la rencontre avec mes musiciens, qui viennent du jazz, qui a concrétisé tout ça.

> Une différence entre la réalisation du premier album et du second ?
La pression ! Le premier album n’était pas attendu. Je n’étais pas connu. J’ai pu travailler en toute liberté, travailler toutes les idées que j’avais accumulées depuis plusieurs années. Là, je suis attendu au tournant. Avec le business, tout le monde a son avis à donner. Mais je pense que l’album est vraiment un bon instantané de ce que nous sommes, le groupe et moi, en ce moment. Je suis très fier de Imperial Pressure, et très fier du groupe.

> Après le premier album, tes prestations scéniques ont confirmé l’engouement
du public français pour ta musique. Pourquoi ça marche si bien entre toi et le public en concert ?
On est 10 sur scène, il y a beaucoup d’énergie, un très bon feeling. Beaucoup de choses se passent sur scène, on a un super mix, un super son, c’est un vrai spectacle. C’est la partie la plus fun du truc, il y a un vrai échange entre nous et le public, et tout le monde peut le ressentir.

> Justement, tu as essayé, pour Imperial Pressure, de retrouver le son plus authentique et plus brut du live.
Oui, c’est ça qui est intéressant avec cet album. Nous l’avons d’abord enregistré une première fois. Après écoute, on n’était pas emballés à 100 %. Faut dire qu’on était entre deux concerts. Alors, sans rien changer des morceaux, on a décidé de les réenregistrer pour obtenir un truc plus vintage, plus « Motown », plus 70’s. On a donc tout rejoué et tout enregistré en une seule prise, comme en plein concert. Et le résultat nous a plu comme ça.

> Tu ne corresponds pas tellement à l’image qu’on a des rappeurs américains, un peu « gangsta », un peu « bling bling »…
Je suis d’abord un artiste et un musicien. Je raconte dans mes morceaux mes petites histoires, ce qui m’arrive au jour le jour. Je pense que les gens accrochent plus à mes chansons comme ça, qu’ils peuvent plus se les approprier. Aux USA, je fais partie du milieu underground, je ne suis pas un succès commercial, même si le single Hard Twelve a bien marché. Moi, c’est la musique d’abord.

> Ta musique est pleine d’influences différentes et difficile à décrire…
Je pense que ça ne colle pas à l’image du rap, pourtant c’est du rap. Juste fait différemment. Je ne me sens pas coincé dans un seul style. Je fais du hip-hop, mais je ne m’arrête pas aux préceptes du hip-hop. Il n’y a pas de limites dans la musique ! J’ai voyagé un peu, j’ai l’esprit ouvert. Si j’entends quelque part un son qui me plaît, je peux le réutiliser en l’adaptant. Si j’ai le bon feeling, on y va !

Comment tu vois l’après ?
On va partir en tournée, et on aura probablement des nouvelles idées pour le troisième album, on créera sûrement de nouveaux morceaux. C’est ce qui s’est passé pour Imperial Pressure, c’est comme ça que je fonctionne.

Propos recueillis par Mata Hari

 

 

25 avril 2008

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