> 17 ans, c’est l’âge de tes premières chansons. À quoi ressemblaient-elles ?
C’était des chansons sentimentales. Quelques textes parlaient de l’envie de rébellion que l’on ressent à l’adolescence. Quelques chansons d’amour... Quelques chansons sur comment je me sentais à cette époque-là , des paroles très personnelles et assez égocentriques. Je les chantais dans les bistrots où je me produisais.
> Et puis finalement, tu as changé de style...
Je suis passée à une forme de chansons plus narrative parce que j’ai eu besoin d’arrêter de tourner autour de mon nombril. J’ai commencé avec la chanson
Je suis une feuille qui raconte l’histoire d’une feuille blanche et puis j’ai continué avec l’histoire du repenti...
> Les concerts s’enchaînent et le succès aussi. Qu’est-ce que ça fait ?
Ça fait très chaud au coeur. Je fais beaucoup beaucoup de dates, des petits et des gros concerts. Et à chaque fois, les gens chantent et participent et rentrent dans l’ambiance. Il n’y a pas vraiment de mise en scène particulière, pas de concept directeur si ce n’est une création assez intimiste et chaleureuse qui correspond à l’esprit de mes chansons.
> Une anecdote ?
J’ai accumulé déjà beaucoup de souvenirs de scène. Si je devais en choisir un, je parlerais de Brest. C’était un très grand concert gratuit. Il y avait beaucoup de monde et une atmosphère de feu. Et comme c’est là où j’ai grandi, j’ai retrouvé plein d’amis, qui étaient venus voir ce que je faisais, ce que j’étais devenu. Globalement, les soirs s’enchaînent, mais ne se ressemblent pas ! On alterne des grands concerts et des petits concerts plus intimistes.
> Tu fais partie d’une jeune scène labellisée chanson française, est-ce que le créneau ne commence pas à être sérieusement bouché ?
Je crois qu’il y a de la place pour tout le monde. Ce n’est pas bouché, bien au contraire, c’est beau de voir que l’intérêt pour les chansons à textes est important et que la scène est super active, ça m’a aidé et je pense que ça servira encore à d’autres.
> Des amis dans ce vivier ?
Oui, plein ! Emily Loizeau, Alexis HK et j’en oublie...
> Revenons à l’écriture. Te faut-il des conditions particulières pour écrire ou composer ?
Pour noter des idées de la vie quotidienne dans mon petit carnet... non ! Je peux le faire un peu partout, c’est comme une sorte de pense-bête qui me permet de me rappeler de quoi j’ai envie de parler. Pour affiner mes textes, j’ai besoin de plus de calme. Et généralement, c’est la nuit que je le trouve.
> Qu’est-ce qui t’inspire ?
Un peu tout. Je parle de tout ce que j’aimerais vivre. Une chanson comme
La Lettre a commencé à exister quand je me suis demandé ce qui pourrait arriver si je recevais une lettre qui ne m’était pas adressée. Et puis je me mets à écrire. Et au fur et à mesure de l’écriture, l’histoire prend forme petit à petit. Je trouve des idées, les rimes me guident. J’adore ne pas savoir comment ça va se finir. Car j’attache pas mal d’importance à la forme, c’est ce qui peut justifier une histoire.
> Qu’est-ce qui tourne sur ta platine, en ce moment ?
J’écoute beaucoup Johnny Cash, j’adore ! Elvis Perkins, Bob Dylan... je suis dans une phase plutôt folk américaine.
> Un lieu en France que tu aimes par dessus tout ?
La Baie de Morlaix, par nostalgie et puis mon chez moi avec ma chérie. En plus, je n’y suis pas très souvent en ce moment.
> Un animal totem ?
Le chat, c’est un animal que je vénère !