Le vague à l'âme, le flâneur du dimanche s'égare en bord de la Garonne sous un soleil de plomb. Il se laisse soudain alpaguer par un beat lancinant et de nébuleuses nappes sonores. Pas totalement redescendu de ce rêve éveillé, lui apparaît une mini révélation. Diantre, les musiques électroniques ne seraient pas l'unique apanage de jeunes marginaux sous acides? Bon, le trait est un peu grossi mais la petite équipe du festival des Siestes électroniques vous le confirmerait : elle doit encore parfois prouver que l'électro, ce n'est pas que des raves party. Aussi cette huitième édition cherche-t-elle toujours à proposer (sans imposer) un art aux esthétiques délicates. Auparavant au jardin Raymond VI, aujourd'hui sur la Prairie des Filtres, le festival investit des lieux-clés du patrimoine de la ville pour mieux exister. Naguère tourné vers l'electronica, l'événement s'est ouvert à toutes les musiques électroniques jusqu'à aller vers une programmation très indie-pop en 2008. Retour aux sources cette année, avec beaucoup d'électro et un soupçon de pop.
L'intransigeance étant le maître mot, la programmation exige un travail de tous les instants pour le directeur Samuel Aubert : dénicher sans cesse et sans compromis de nouveaux talents. « Il faut tenter de créer une nouvelle habitude de consommation, faire découvrir des territoires insoupçonnés », ajoute Guillaume Kidula, membre de l'association Rotation, organisatrice du festival. L'initiation est, du coup, au cœur de la démarche des Siestes électroniques. En témoignent ces ateliers de synthé et de circuit bending (ou l'art de détourner des jouets pour faire de la musique) proposés au jeune public afin de démystifier la musique électronique. Les soirées organisées au Bikini, elles, « mélangerons les genres, pour mélanger les publics », insiste Guillaume. Et toujours avec la même intransigeance, le festival sera un projet pilote de l'agenda 21. Démarche écologique, mais pas démagogique. Tri sélectif oui, mais toilettes sèches non. La consommation carbone exigée pour l'installation s'avérait plus importante qu'avec des toilettes classiques. Visiblement, ils ont tout compris.
/ Julien Collinet
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