Merriweather Post Pavilion, dernier Lp décevant, fut intronisé album de l’année avant même sa sortie. Ainsi donc, Animal Collective réinventerait la pop. Et l’eau chaude, aussi. Un tel consensus rend suspicieux. En une dizaine d’années, le collectif fluctuant de Baltimore, autrefois curiosité fascinante (jetez une oreille à Hoolindagain, 2002), est devenu vache sacrée. Et génère, malgré lui, une sorte de snobisme ennuyeux – il faut aimer ce groupe, sous peine de passer pour un pauvre ignorant. Un peu comme Radiohead depuis Kid A (2000). On ne compte plus les formations estampillées « successeurs d’Animal Collective », pour le meilleur (Gang Gang Dance ) ou le pire (The Dodos ).
En constante évolution
Peu à peu, les disques sont devenus plus accessibles. Jadis lancée au hasard, la myriade d’idées est désormais parfaitement agencée dans des chansons renversantes. Le freak folk d’antan est supplanté par un psychédélisme sous samplers. Et les chants diaphanes et utérins de magnifier ces buvards sonores. Sur scène, les absconses élucubrations du groupe ne se souciaient guère du public. Aujourd’hui, les sorciers digitaux proposent des sets parfaitement maîtrisés, qui invitent la foule à une transe tribale. On aura essayé d’être objectif face au phénomène Animal Collective. En vain. Cette fois, la hype est justifiée. / Thibaut Allemand
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