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Ard’Afrique : rencontres métissées


Festival Ard'Afrique


Du 6 au 8 août l’Ardèche invite l’Afrique à s’exposer. La commune des Vans accueillera cette année encore la culture afro sous toutes ses formes. Artisanat, gastronomie, folklore et musique ne lésineront pas pour faire découvrir cette chaleureuse région du monde.

Depuis 9 ans, l’association AMACS (Association pour le Métissage des Arts et la Création de Spectacles) cultive un lien particulier avec l’Afrique. Diffuser et faire vivre la culture africaine hors de ses frontières est leur cheval de bataille. Il faut bien noter que les bénéfices effectués vont tout droit à l’association humanitaire PPVS (Partenariat Pays de Vans Sénégal). Cette manifestation à haute valeur solidaire ajoutée est multiculturelle et tournée vers l’échange. Le marché nocturne (entrée libre), le bal et le repas africain vont dans ce sens, jeudi et samedi. Jim Murple Memorial mènera la danse, dépoussiérant de bons vieux tubes jamaïcains des années 60. Plaisir des yeux et du cœur, les flâneries des visiteurs prendront des allures de kermesse géante. Tout voir, tout sentir et tout goûter pour redessiner les contours d’une Afrique mise à mal par de nombreux dirigeants largement condamnable. Le festival Ard’Afrique ne se pare pas de faux semblants, il appel au voyage mais surtout à retrouver les racines d’une identité flouée.

D’ailleurs, les icônes du reggae répondent à l’appel. Vendredi 7 août, Femi Kuti, maître de l’afrobeat malien ouvrira la soirée en bon showman. Il sera suivi par Horace Handy, chantre des sonorités jamaïcaines originelles. Nouveau venu, Davy Sicard, réunionnais, représentera la région ultra marine trop souvent absente des réjouissances. Impossible d’oublier le mythique tournoi de foot, dimanche à partir de 18h. Ard’Afrique incarne le type de collaboration qu’il faut maintenir en bon état, à ne pas laisser à l’abandon. C’est ce seul ciment qui assurera un développement solidaire et peut-être à termes, l’avènement d’une génération lucide et active. Revenons sur les festivités à venir avec Aurélie Pascot, chargée de la communication pour le festival.

 

Dans un contexte de crise économique, comment avez-vous appréhendé  l'organisation du festival 2009 ?

 

Crise économique ou pas, nous prêtons toujours beaucoup d’attention à nos dépenses et à la prise de risque financière sur chaque édition du festival. Nous savons que l’économie d’un tel événement est délicate : il s’agit pour nous de la plus grosse dépense de l’association sur l’année et donc du plus gros risque. Un budget comme celui d’Ard’Afrique se « prévoit » sur l’anticipation d’un public attendu, des recettes du bar, etc. Nous avons la chance d’afficher complet depuis maintenant 4 ans sur la soirée concerts, qui représente la plus grande part de dépenses sur l’ensemble du festival. Nous osons presque penser, et surtout nous aimons croire, que nous sommes parvenus à conquérir un public de fidèles qui se déplacent chaque année : ils peuvent venir passer de très jolies vacances en Ardèche et ont, en bonus, un événement accessible et familial !

Mais la raison principale de cette prudence économique est qu’un de nos objectifs majeurs est de dégager un maximum de bénéfices que nous reversons intégralement à l’association PPVS qui vient en aide au peuple sénégalais. Donc je ne vous cache pas que chez nous, il n’y a pas de petites économies ! Le moindre euro récolté représente beaucoup pour le financement des actions menées au Sénégal. Cela fait maintenant 5 ou 6 éditions que nous atteignons brillamment cet objectif et que nous avons pu apporter quelques pierres à l’édifice humanitaire.

Pour terminer, j’ajouterai aussi qu’un de nos avantages (qui peut paraître être un inconvénient) est que nous n’avons jamais touché aucune subvention publique d’aucune collectivité territoriale : nous recevons une aide logistique de la ville des Vans mais aucune enveloppe financière des conseils régionaux ou généraux. C’est sans doute aussi pour cette raison que nous sommes très prudents sur la gestion des comptes… Mais du coup, nous ne subissons pas la crise économique comme d’autres festivals-amis qui voient leurs subventions diminuées et leurs budgets imputés d’une grosse partie des recettes ! 

 

Quelles sont les associations humanitaires, culturelles et de commerce équitable de la région qui seront présentes dans le village africain ?

 

Le marché  nocturne africain est ouvert aux associations depuis toujours mais nous recevons de plus en plus de demandes. L’an passé, nous avons accueilli près de 20 associations. Il ne s’agit pas exclusivement d’associations régionales mais aussi d’organisations agissant en France voire même en Afrique. Nous accueillons depuis plusieurs années des acteurs humanitaires reconnus comme Amnesty International, Aides, Artisans du Monde, Survie, etc. mais aussi des structures de plus petite envergure qui travaillent à l’entraide et à la solidarité internationale : Vie et Espoir pour les Enfants Malgaches, Echoppe Grenoble pour le commerce équitable, Terre et Humanisme, l’ONG Aourindé Solidarité pour l’aide au peuple touareg, etc.

Le marché  recueille un grand succès chaque année : impossible pour nous de comptabiliser le nombre de personnes qui transitent dans le centre historique à cette occasion mais une chose est sûre, la circulation est souvent difficile tant les ruelles sont remplies de monde ! Nous sommes toujours très heureux de pouvoir offrir une vitrine à ces acteurs du réseau associatif, d’autant plus que le public festivalier est toujours très réceptif et curieux de découvrir les actions menées dans les domaines de la culture ou de l’humanitaire. Nombreux sont les jeunes, mais aussi les personnes plus âgées, qui prennent conscience de la possibilité pour tous, à des niveaux d’investissement variables, de s’engager s’ils le désirent, dans des activités bénévoles qui défendent les valeurs humaines de solidarité et d’accès aux mêmes droits pour tous. 

 

Qui prépare le repas africain du samedi ?

 

Tout comme le festival, la préparation du repas africain pendant le bal est une affaire de famille ! Il faut savoir que l’ensemble des organisateurs sont tous bénévoles. Nous n’avons aucun salarié au sein de l’association et je ne vous cache pas que toutes les bonnes volontés sont recrutées ! Du directeur au programmateur, en passant par la chargée de communication  ou les 150 bénévoles qui permettent la bonne marche de l’événement, nous sommes tous arrivés au pays de l’ « Ard’Afrique » via un ami ou un voisin  qui ont su communiquer à leur entourage le bonheur que nous avons à nous retrouver chaque année et à accueillir de nouveaux membres ! Désolée, je m’égare… Revenons-en à notre poulet Yassa !

Le repas africain est donc préparé par Babeth, la maman de Mathieu, qui est le directeur et fondateur du festival. Elle est assistée personnellement de Jaco, un ami très investi lui aussi, tous deux remarquablement épaulés par une équipe de choc en cuisine : préparation des fleurs d’hibiscus pour la confection du Bissap, cuisson d’un millier de cuisses de poulets, épluchage de plusieurs dizaines de kilos d’oignons, égrainage des 3 mètres cube de semoule, et j’en passe… ! De longues heures de préparation pour un résultat qui satisfait chaque année largement les papilles des dégustateurs… 
 

 

En quoi consiste le « bal jamaïcain » de Jim Murple Mémorial ? Vont-ils faire un live spécial pour Ard'Afrique ?

 

Pour ceux qui les connaissent, les Jim Murple Memorial sont un des rares groupes français à avoir su redonner vie au son jamaïcain des années 60 ! Leurs compositions originales ont le don de pouvoir transporter le public dans un concert revival qui rend parfaitement hommage aux légendes du ska et du rocksteady. Et c’est exactement ce sur quoi nous travaillons pour le bal cette année : ce combo énergique va donc nous proposer un show digne des plus grandes soirées dansantes caribéennes ! Le public aura le plaisir de redécouvrir quelques-unes de leurs  chansons originales mais surtout, pour la plus grande partie du concert, de nombreuses reprises issues du répertoire de la musique jamaïcaine, et que bon nombre de festivaliers pourront chanter avec eux : des classiques du rocksteady en passant par des incontournables du ska ou encore du reggae. Chers festivaliers, préparez vos pieds, ça risque de sérieusement chauffer sur la piste de danse ! 

 

D'où  vient votre engagement en faveur de l'Afrique ? Quelle est selon vous l'importance d'un tel événement ?

 

C’est une longue histoire… Pour vous raconter les grandes lignes, Mathieu, le fondateur du festival, a rencontré les membres de Partenariat Pays des Vans Sénégal il y a une dizaine d’années maintenant. Cette association mène de nombreuses actions dans la région de Fatick, à l’Ouest du pays, dans une zone de brousse très aride. Alors étudiant dans le domaine de l’événementiel, Mathieu a décidé d’organiser un festival afin de faire connaître les activités de PPVS et, si possible, de récolter des bénéfices pour aider à la réalisation d’actions concrètes sur le terrain. La première édition a eu lieu, avec un succès certain, ce qui a encouragé Mathieu a renouvelé l’expérience, à s’entourer de bénévoles et à développer ce projet qui fêtera son dixième anniversaire en 2010 !

Aujourd’hui, nous parvenons à dégager chaque année des bénéfices suffisamment importants pour pallier à de nombreux soucis à l’échelle locale au Sénégal : construction de cases de santé et d’écoles, importation de denrées alimentaires pour remédier dans l’urgence aux mauvaises récoltes et à la sécheresse, construction de puits et de zones d’irrigation, etc.…

Et au-delà  de cette concrétisation de notre investissement et du travail de tous les bénévoles, le festival a permis la création d’une vraie dynamique intergénérationnelle qui fait se mêler et s’ouvrir les uns aux autres des bénévoles de tous âges : notre doyenne approche les 80 ans et nous avons vu naître de nombreux bébés qui sont devenus les mascottes du festival !

Ainsi, que ce soit en France pendant la période d’exploitation du festival, ou bien au Sénégal en partenariat avec des associations locales de paysans, nous essayons de donner un élan nouveau à la solidarité internationale. Les retombées du festival sont bien évidemment minimes face à la misère que subissent les pays africains (sans parler du reste du monde), mais nous aimons croire que chaque petite pierre apportée à l’édifice est importante et qu’elle pourrait donner des ailes aux personnes qui projetteraient, à leur tour, de rendre hommage à l’humanitaire, ou plutôt, à l’Humanité… 

 

Que faites-vous en faveur de l'écologie pour cette édition ?

 

Malheureusement, nous ne sommes pas un exemple de festival 100% écologique… Non pas que nous soyons insensibles à ce sujet mais il est difficile de mener de front plusieurs batailles à la fois… Je me répète certainement, mais nous sommes tous bénévoles, nous ne recevons aucune aide publique et notre objectif majeur (au-delà de la qualité artistique du festival) est notre contribution à l’aide humanitaire au Sénégal. Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons pas nous permettre d’investir de l’argent dans une politique environnementale réelle. Nous nous sommes déjà renseignés, nous avons été contactés des associations de conseil et d’expertise écologique mais tout cela coûte de l’argent… Alors nous faisons ce qui est financièrement possible pour nous : proposer des boissons issues du commerce équitable, installer des toilettes sèches sur le festival et bannir les toilettes chimiques, nettoyer le site de fond en comble afin de ne laisser aucun déchet sur place, etc. Nous évitons au maximum de laisser une empreinte écologique trop importante sur une planète déjà bien assez endommagée…

 

Céline Cauvi

31 juillet 2009

Le festival associé
Festival Ard'Afrique

Les commentaires

le mercredi 23 décembre 2009 à 15:22 nDfslJvpeZhJ a dit
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le mercredi 23 décembre 2009 à 23:37 IXGYXDJYOjAsoKQ a dit
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le jeudi 28 janvier 2010 à 16:39 tzvnmb a dit
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le jeudi 28 janvier 2010 à 19:56 fdiitfltrvn a dit
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le vendredi 12 mars 2010 à 05:01 lgohcxehr a dit
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le jeudi 10 juin 2010 à 22:56 turning tool a dit
Interesting
We should be painstaking and discriminating in all the par‘nesis we give. We should be especially painstaking in giving guidance that we would not dream up of following ourselves. Most of all, we ought to evade giving recommendation which we don't mind when it damages those who depreciate us at our word.
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le mercredi 14 juillet 2010 à 11:44 Jack a dit
Hey
In harry's existence, at some pass‚, our inner fire goes out. It is then bust into zeal at hand an be faced with with another magnanimous being. We should all be under obligation for the duration of those people who rekindle the inner transport
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